mardi 10 novembre 2009

Minuit dans le jardin du bien et du Mâle

De mes chevilles étalonnées j'aiguille le fil de tes envies.

Joli compas bien aiguisé, je m'escrime sur le parquet, de mes rondes jambes à dessiner les volutes embrumées de mes pensées.

De mes atouts parée, je pare à tout et lâche la bride.

Je me détourne, je me retourne, je te fais face et prends ma place.

Sous ton message sublime et mâle, je m'évapore de toute ta peau: ma volonté part en fumée, ma raison part en cavale.

Je n'ai peur de rien, sauf du désir brûlant mes reins... mais c'est un Mâle qui vaut un bien...



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lundi 9 novembre 2009

Sncf? Meuuuh oui, c'est possible!

La semaine dernière, à la gare...

-Bonjour Madame, je voudrais un aller-retour pour Paris, s'il vous plaît.
-Bien sûr, vous avez votre carte 12/25 avec vous?

... Oui, je vous avoue que je me suis accordé quelques jubilatoires secondes à me délecter de cette phrase, avant de lui avouer que ça faisait maintenant bien 9 ans que je n'avais plus ma carte 12/25.

mardi 27 octobre 2009

Le dur désir de durer (P. Eluard)

Là où certains évoquent leur peur de vieillir, j'avoue, moi, mon angoisse de mourir.
Plus exactement, de mourir sans avoir connu.
Connu quoi? Je n'en sais rien, tout ça faisant encore partie du champ des possibles à venir.
Mais une angoisse sourde, profonde, qui vient de loin, qui parfois vous prend au ventre et à la gorge, iraisonnée et déraisonnable.

Et puis, j'ai connu cette éphémère fierté de voir passer dans vos yeux le reflet de mon insolence inattendue.

J'ai vu la porte s'ouvrir, sans bruit, sur mon entrée en résistance. Avec vous j'ai dansé autour de cette lutte ténue pour le pardon.
Je vous ai laissé tourner autour de ma peau et ma tête s'étourdire, de quoi?

De la brûlure insoutenable de vos mains à tâtons, ou de celle du glacier de vos yeux dans la noirceur de mes envies.
De trop d'envies mêlées, paradoxales et aimantées.

J'ai ressenti ce profond et intense bonheur d'un sourire qui s'affiche, encore et encore, obstinément, bravement. Pauvre sourire désarmant pour seule arme, l'adieu aux larmes.

J'ai connu la puissance libératrice d' un repentir chuchoté, affranchie et sans entraves, aussi vrai que la fraîcheur de l'eau que goutte à goutte vous laissiez couler dans ma gorge.

J' ai senti la Vie, bouillonnante, incandescente, inonder mes veines et me couper le souffle.





Voilà une to-do list qui se raccourcit. Petit à petit.

(illustration: Vénus restaurée, Man Ray.)


lundi 19 octobre 2009

L'effet mer


Rien de tel qu'un bon bol d'iode et d'ions négatifs (Oui figurez-vous qu'il paraît que l' écume des rouleaux qui éclatent libère quantité d'ions négatifs. Paraît même que c'est bon pour la santé, mieux qu'un orgasme. J'attends, je vous tiens au courant.), après une semaine dans la pollution parisienne.
A ce propos, ami(e)s parisien(ne)s, pourquoi ne pas m'avoir prévenue qu'après une journée de marche dans les rues de la capitale, on se retrouve avec les pieds tout noirs de retour à l'hôtel, ce qui, convenez-en, est tout de même du plus mauvais effet quand votre amant se met en tête de vous enlever vos chaussettes avant de vous attacher sur le lit, mmmhhhh?
Sympa, je retiens.
(Si d' aventure vous me cherchez, je suis à gauche sur la photo. Juste sous le soleil. Tout le monde ne peut pas se montrer à poil sur ses photos de plage, hein :-))

samedi 17 octobre 2009

"La nuit, qui sait ne faire qu'un de l'ordure et de la merveille" (A. Breton)

Ce fut la fin, il devint bègue du coeur et confondit tout, le désespoir et le mal de foie, la Bible et les chants de Maldoror, Dieu et Dieu, l'encre et le foutre, les barricades et le divan de Mme Sabatier, le marquis de Sade et Jean Lorrain, la Révolution Russe et la révolution surréaliste.

(Jacques Prevert, "Un cadavre")
(Photo Marcel Märien)

;-)

dimanche 11 octobre 2009

Mademoiz'ailes de Paris

Demain, en bonne petite provinciale, je vais monter dans le train qui me déposera un peu plus de quatre heures plus tard au beau milieu de la foule bigarrée de la gare Montparnasse.
Un aveu?
J' ai presque la trouille, cette fois. Au moins autant que j' ai envie.
Ça m' apprendra à faire la maligne en allant narguer les egos chatouilleux.

J' espère quand même qu' il me restera assez de forces pour faire ma touriste...


A la semaine prochaine, mes p'tits chats, soyez sages!

lundi 5 octobre 2009

Re-père

(Extrait de conversation téléphonique.)

-Papa, dis... est-ce que c'est mal, ce que je fais? Mes amants, ma vie, mon envie de liberté?

-Ma fille, on se fréquente depuis quoi... 34 ans? Tu devrais savoir que je ne raisonne jamais en termes de bien et de mal.

-Oui P'pa, je sais. J'avais juste peur que tu ne me dises que j' ai raison, par pur amour filial.

-Je suis suffisament âgé pour réussir à faire abstraction de mon amour pour toi quand tu me poses ce genre de questions, ma belle.
Tu as un système de valeurs qui tient debout, et qui n'est pas celui de la morale judéo-chrétienne que la plupart des gens s' imposent aveuglément. Tu veux un jour être vieille et pouvoir te dire, en regardant en arrière, que tu as vécu comme tu voulais vivre. Evidemment il y a des conséquences, bonnes ou mauvaises. Mais l'essentiel je crois est d' essayer de rester fidèle à ses propres valeurs et d'assumer le reste aussi bien que possible.


Bordel de Dieu, que j'aime mon père. (Oui j' ai le juron facile quand j' aime vraiment très fort.)